• Un véritable parlement a la possibilité de déclencher des commissions d’enquête autant de fois qu’il le souhaite, de convoquer un Ministre.

  • La ruralité s’est appauvrie, de la même façon et parallèlement à la banlieue.

  • La réforme nécessaire de notre pays se fera par l’horizontalité des concertations et non par la verticalité des faits de majorité.

    Communiqué de Sophie Auconie
    Porte-parole de l’UDI, Députée d’Indre-et-Loire

    Paris, le 10 juillet 2018

    Hier avait lieu, à Versailles, sur convocation du Président de la République, la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat en Congrès pour son allocution devenue annuelle

    Un discours très complet sur l’année écoulée, mais aussi sur le programme de la session à venir marquant un virage social dans la politique du Gouvernement mais toujours dans ce que le Président a martelé comme « libérer pour mieux protéger ».

    D’abord je me réjouis de l’amendement du Gouvernement au projet de loi constitutionnel annoncé par le Président relativement à sa présence lors des débats du Congrès. Nous avions déposé un amendement similaire avec le groupe UDI, Agir et Indépendants mais rejeté par la majorité en Commission des lois.
    Néanmoins, gardons à l’esprit que le Président n’est responsable que devant les français et qu’il n’a pas vocation à se substituer au Premier Ministresans remettre en cause la nature même de notre régime.

    Toutes les perspectives ont été balayées et il faut l’admettre, le Président de la République, Emmanuel Macron fait ce qu’il dit.

    Perspectives européennes dans un premier temps, la taxation des GAFA, la construction d’un budget de la zone Euro et l’ambition d’un Europe forte de ses compétences sont des projets moteurs pour l’année à venir.  Mais la construction européenne manque de grandes ambitions : l’armée européenne, le Ministère européen des affaires économiques, le Ministère européen de l’asile et de l’immigration. Une véritable émancipation européenne doit être notre objectif dans le monde multipolaire qui nous entoure afin de défendre nos intérêts nationaux et ainsi peser sur le destin du monde. Monsieur le Président, l’Europe doit aller plus loin !

    Perspectives nationales ensuite, les nombreuses annonces liées aux politiques sociales vont dans le sens d’une exigence des français. Je serai très attentive à la réforme annoncée de l’assurance chômage ainsi qu’à celle des retraites pour un régime unique, tout comme au plan pour les EHPAD. Mais ces réformes ne doivent pas faire oublier la trajectoire de baisse des dépenses publiques loin d’être un marqueur de la politique du Gouvernement cette année. Monsieur le Président restons responsables !

    Dès la rentrée, je serai très vigilante à ce que le Parlement soit source d’enrichissement pour ces réformes car, oui, les français veulent un changement rapide, mais ce changement doit être positif pour leur quotidien et ancré dans les réalités de territoires.

    Nous souhaitons évidemment toujours la réussite du Gouvernement car nous souhaitons la réussite de la France.

    Mais la réforme nécessaire de notre pays se fera par l’horizontalité des concertations et non par la verticalité des faits de majorité, là est le piège de toute majorité absolue comme l’a souligné notre représentant et Président de groupe UDI, Agir et Indépendants, Jean-Christophe Lagarde. Nous serons là pour y veiller.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : La réforme nécessaire de notre pays se fera par l’horizontalité des concertations et non par la verticalité des faits de majorité.

  • La France des banlieues et de la ruralité veut qu’on lui garantisse l’égalité des chances.

    Discours de Jean-Christophe Lagarde

    Versailles, le 9 juillet 2018

    | Seul le prononcé fait foi

    Monsieur le président du Congrès, Monsieur le président du Sénat, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et messieurs les Ministres, Chers collègues parlementaires,

    C’est donc la seconde fois depuis son élection que le Président de la République convoque le Parlement en Congrès. Si cet évènement qu’il veut rendre traditionnel suscite à nouveau la polémique depuis plusieurs jours, c’est sans doute du au fait qu’il n’y a que dix ans que la Constitution en offre la possibilité et que l’exercice peine encore à trouver sa place dans la geste Républicaine. C’est si vrai que finalement, l’écho médiatique qui en parvient aux français fait bien plus de place à ceux qui décident de le boycotter qu’à ceux qui choisissent de s’y exprimer. Et je sais de quoi je parle. Mais puisque le Chef de l’Etat veut en faire un rendez-vous récurent, tâchons qu’il soit un moment solennel qui nous oblige à la responsabilité et à prendre de la hauteur.

    Avant tout, je tiens à exprimer notre regret de ne pouvoir répondre directement au Président de la République en sa présence. Nous défendrons d’ailleurs un amendement au projet de loi constitutionnelle pour lui permettre de rester dans cet hémicycle après s’être adressé à la représentation nationale, et de nous répondre s’il le souhaite. Sinon, le lieu, Versailles, la pompe et le protocole font trop penser à une monarchie républicaine, dont certes nos concitoyens raffolent, mais qui nous éloigne d’une démocratie moderne et vivante.

    En attendant, c’est à vous Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, et à l’ensemble de la majorité parlementaire que nous nous adresserons en dressant le bilan de cette première année et que nous vous ferons part de nos préoccupations pour celles à venir.

    Car même si nous n’appartenons pas à votre majorité, nous souhaitons sincèrement votre réussite puisqu’elle suppose celle de la France. C’est pourquoi la ligne directrice du groupe UDI-Agir et Indépendants est d’être capable de vous soutenir lorsque vous êtes sur la bonne voie et de s’opposer lorsque vous déraillez. A nos yeux, après le tremblement de terre politique de 2017, c’est ainsi que nous pouvons être utiles à notre pays et respecter la volonté des français de voir les responsables politiques changer d’attitude, en finir avec des affrontements stériles et des oppositions feintes. En somme, nous pensons que les français attendent de nous de jouer la politique en vrai, de juger votre action au cas par cas, comme ils le font eux-mêmes chaque jour.

    Nous savons bien que cela n’entre pas dans les cases convenues du business médiatique pour lequel chacun est censé jouer un rôle convenu d’avance de soutien aveugle ou d’opposant à tout. Mais peu nous importe, pour nous le débat démocratique doit avoir pour but d’élever le degré de conscience civique des citoyens pas de répondre aux objurgations des réseaux sociaux, ni aux injonctions d’une information si permanente qu’elle confond l’accessoire élevé au rang d’évènement et l’essentiel ravalé au niveau de l’anecdote.

    Les clivages d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui tant les effets de la mondialisation les ont bouleversés.

    Désormais notre débat politique nous partage en deux. D’un côté, il y a ceux qui voient avec effroi le monde nouveau, le vrai, où la globalisation rend tous les pays chaque jour plus dépendants les uns des autres, ce qui réduit inexorablement nos marges de manœuvre nationales. Ceux là veulent faire croire que notre pays serait plus fort en se refermant sur lui-même, en se recroquevillant sur son passé, en s’isolant du mouvement général de la planète avec l’illusion de s’en protéger. De l’autre côté, et c’est un point qui nous est commun, il y a ceux qui comme nous comprennent que face à cette évolution du monde, il nous faut choisir de transformer profondément notre organisation économique et sociale mais aussi politique, afin de conserver suffisamment de forces pour demeurer libres de nos choix et de nos modes de vie.

    C’est à travers ce prisme que nous pourrions souscrire aux nombreuses déclarations du Président de la République qui prônent la transformation et l’émancipation.

    Sur le plan international, tout d’abord, nous saluons toute l’énergie déployée par l’exécutif pour rendre à la France sa place et son rôle dans ce monde devenu multipolaire où s’affrontent quelques grandes puissances continentales au détriment de tous les autres petits États. C’est là que réside le défi majeur qu’est l’Europe, le seul échelon qui, à condition qu’il se fédère, est en mesure de défendre efficacement les intérêts nationaux des pays qui la composent pour peser face aux grands pays du monde et même face à ces énormes multinationales nées des nouvelles technologies et dont la puissance dépasse celle de nombreux Etats. Une Europe plus fédérée est notre seule chance de peser dans les relations internationales pour y protéger nos modes de vie, notre vision de l’organisation sociale.

    Aussi, si nous soutenons l’engagement pro-européen du Président de la République nous vous invitons à aller plus loin en proposant de fédérer au niveau européen des compétences pour lesquelles les politiques nationales montrent leur inefficacité, tels que la protection de nos frontières, l’immigration, nos stratégies industrielles et de recherche, la lutte contre le terrorisme et les grands trafics, notre défense qui doit devenir moins dépendante des USA, la transformation énergétique qui pourrait accroître notre indépendance collective ou encore au développement de l’Afrique dont nous sommes les seuls voisins. Les prochaines élections européennes seront à cet égard une occasion unique pour nos concitoyens de dire s’ils veulent faire de l’Europe un véritable bouclier face aux dangers et aux enjeux du monde.

    En politique intérieure, les sujets sont nombreux et complexes, et le temps de parole imparti aux représentants des groupes parlementaires ne nous permet malheureusement pas de tous les aborder.

    En résumant je dirais que s’achève une première période enchaînant des réformes nécessaires, utiles et trop longtemps reportées, telles que la refonte du code du travail, la baisse de l’impôt sur les sociétés et la baisse des charges sociales, le prélèvement unique et forfaitaire sur les revenus du capital, l’amputation d’un ISF contre productif, la transformation de la SNCF, la reconfiguration de l’enseignement primaire, la tentative déterminée de réduction de notre déficit irresponsable. Dans cette première période, nous avons pourtant déploré l’inéquité engendrée par la hausse de la CSG, car il n’y a pas de raison que seuls les retraités financent la compétitivité de notre pays.

    Ces réformes ont une logique qui est de libérer les capacités de production de notre pays, de leur redonner de la compétitivité pour créer de l’emploi. Nous partageons cette logique, résumée dans l’expression des « premiers de cordée » chère au Chef de l’Etat. Mais nous vous répétons ici que pour que les français puissent adopter cette logique, il vous appartient de garantir à chacun que les premiers de cordées soient utiles à l’ensemble de la cordée. C’est la condition de leur légitimité, et de la légitimité de votre politique.

    Je n’adhère pas aux caricatures qui peuvent être faites à ce sujet, mais il faut se rendre à l’évidence. A ce stade les effets de votre politique se font en faveur de certains dans l’ignorance des autres. Les plus favorisés le sont davantage encore, ce qui pourrait être acceptable à la condition que tous nos concitoyens soient également gagnants. Loin de là, les plus démunis le restent et les classes moyennes sont délaissées. Au 1er tour de la présidentielle, vous avez été élus par la France mondialisée, celle qui se sort bien des changements du monde et sait en tirer profit, celle qui au fond n’a pas besoin de la politique et qui n’attend d’elle que de ne pas être entravée. Mais je vous alerte. Cette France est minoritaire. Et c’est parce que votre politique donne l’impression de ne servir que cette France là qu’en un an les français sont passés de l’espoir au doute. Quels que soient ses talents et sa détermination,aucun chef de l’État n’est en capacité de créer une véritable communauté de destin dès lors que ceux qui vivent dans les banlieues et les territoires ruraux ne peuvent prétendre au même avenir que ceux qui ont les moyens de vivre au cœur des métropoles.

    Il existe dans nos banlieues et en ruralité une autre France, plus nombreuse mais surtout qui a vraiment besoin de politiques publiques pour espérer avoir droit à l’égalité des chances. C’est cette France là qui est venu vous confier les clefs du pays au second tour de l’élection présidentielle, car elle voulait encore croire en la République et sa promesse de récompense du mérite plutôt que des situations acquises. C’est cette France là à qui, devant la pyramide du Louvre, le tout nouveau chef de l’Etat a promis de tenir compte. C’est cette France là qui ne voit rien venir et qui s’impatiente en voyant monter les difficultés de la désertification médicale, d’un système hospitalier à bout de souffle, de l’insécurité qui continue de croître, des services publics qui s’éloignent, des transports déficients… C’est cette France là qui si rien ne change pour elle, pourrait faire défaut au second de tour d’une prochaine élection présidentielle. Cette France là, fragile et fatiguée n’attends pas de plan pauvreté, elle veut qu’on lui garantisse l’égalité des chances.

    Les fractures sont multiples, se croisent, s’accumulent et s’accentuent. Évidemment, ce n’est pas vous qui avez causé ces fractures, mais toutes peuvent être atténuées, si ce n’est résorbées, par la volonté des pouvoirs publics.

    Et nous regrettons les mauvais signaux envoyés aux banlieues par le refus de construire de nouvelles politiques publiques permettant de rétablir l’égalité républicaine dans ces quartiers concentrant toutes les pauvretés et où les moyens alloués par l’Etat restent inférieurs à ceux attribués aux quartiers plus favorisés. C’est aussi un mauvais signal au monde rural que le retard pris pour mettre en place l’Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires que nous vous proposions dés l’automne dernier, alors que le monde rural désespère d’être entendu du pouvoir.

    A ces territoires nous vous appelons à redonner des perspectives par des politiques publiques ambitieuses qui garantissent leur place dans la République. C’est ce que nous attendons avant tout de la seconde période qui s’ouvre dans votre mandat. Sinon ce discours sur l’émancipation restera une théorie creuse pour une majorité de français.

    Nous attendons aussi que vous ouvriez peut être moins de chantiers mais qu’ils soient conduits à leur terme et donnent réellement lieu à des changements structurels et équilibrés. Le projet de loi EGALIM ne garantit pas le rééquilibrage entre agriculteurs et grandes surfaces, la réforme des APL ne s’est jusqu’alors traduite que par l’appauvrissement des bailleurs sociaux, et le projet sur la formation professionnelle mériterait de mieux équilibrer les responsabilités entre le patronat et les régions Et parfois, les décisions tardent, ainsi on les attend sur le Grand Paris depuis Novembre dernier, la suppression de la Taxe d’Habitation devrait entraîner une réforme de la Taxe Foncière, la protection contre la dépendance ne semble pas en perspective.

    Pourtant, pour tenter d’aller vite, vous vous êtes affranchis des partenaires qui nous semblent indispensables pour véritablement transformer notre pays. Sous couvert de consultations prétendument citoyennes, dépourvues in fine de toute influence, vous avez mené une politique trop souvent solitaire. Là guette le pire risque de toute majorité, surtout quand elle est absolue, celui de n’écouter qu’elle, de s’enfermer dans sa logique au lieu d’entendre les différences pour mieux entraîner le pays vers sa transformation, celui finalement de prendre toute réflexion, interrogation, alerte ou proposition pour une critique, au lieu d’en faire son miel et de corriger la trajectoire pour mieux réussir.Dans trop de cas, vous décidez depuis Paris, depuis les ministères, sans considération des corps intermédiaires, du tissu associatif, des élus locaux, ni des parlementaires que pourtant, le président de la République vient de nous dire vouloir associer à son action.

    Tous, pourtant, vous sont indispensables pour faire réussir la France. Écoutez-les, entendez-nous car, au fond, nous servons tous le même idéal et nous avons chacun notre part à apporter à cette ambition collective. Celle qui doit permettre à l’ensemble de nos concitoyens de s’épanouir et de s’émanciper, quels que soient leur position initiale dans le système social et leur lieu de vie. Celle qui doit permettre à la France de peser dans l’Europe, et à l’Europe de peser dans le monde, forts de notre histoire et de nos valeurs.

    Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les membres du Gouvernement, ce serait là votre plus grande réussite, la seule qui compte.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : La France des banlieues et de la ruralité veut qu’on lui garantisse l’égalité des chances.

  • Ce quinquennat est peut-être celui de la dernière chance, à la fois pour notre pays et pour l’UE.

    Discours d’Hervé Marseille
    Versailles, le 9 juillet 2018

    | Seul le prononcé fait foi

    Monsieur le Président du Congrès,

    Monsieur le Premier ministre,

    Mesdames et messieurs les ministres,

    Chers collègues députés et sénateurs,

    Le quinquennat qui s’est ouvert l’année dernière ressemble aux planisphères du XVIIIème siècle. Sur ces cartes du monde, que chacun a en tête, on voit les contours des continents. Mais à l’intérieur, tout est quasiment terra incognita.

    Le pourtour des continents, c’est le programme du candidat Emmanuel Macron. Un an seulement après son élection, ce programme a largement commencé à être mis en œuvre. C’est la première chose que nous pouvons portons au crédit du Président : il tient ses promesses.

    La deuxième chose que nous mettons à son crédit est la nature même des promesses tenues. Depuis un an, des réformes importantes et longtemps reportées ont été engagées. Nous les avons soutenues. Tel est le cas des ordonnances qui ont assoupli le code du travail pour donner aux entreprises les marges de manœuvre dont elles ont aujourd’hui besoin.

    De même, nous avons voté la réforme de l’accès à l’université car sur ce sujet le Gouvernement ne s’est pas borné à prendre des mesures techniques. Il a eu l’audace de poser les jalons d’un changement plus profond.

    Enfin, le nouveau pacte ferroviaire constitue aussi une réforme substantielle. Il fallait transposer les directives européennes d’ouverture du rail à la concurrence. Mais avec le Sénat nous sommes allés plus loin : nous avons concilié l’efficience économique avec l’aménagement du territoire et l’adaptation des acquis sociaux.

    Un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, il y a donc un bilan. Pouvions-nous en dire autant à la fin du quinquennat précédent ?

    Par-delà même le bilan législatif du chef de l’Etat, il y a un troisième élément que nous mettons à son crédit. Avec lui, nous avons gagné en incarnation internationale. La France retrouve une place. Elle suscite de nouveau l’écoute et le respect de nos partenaires étrangers ainsi que l’intérêt et la confiance des investisseurs. Et l’embellie de la conjoncture économique nous permet enfin de rentrer dans les critères budgétaires européens. Le quinquennat a donc plutôt bien commencé.

    Si bien et si vite d’ailleurs qu’il semble déjà s’essouffler. Et maintenant ? sommes- nous tentés de demander. Après un an d’exercice du pouvoir, l’exécutif semble avoir brûlé une bonne partie de ses vaisseaux. C’est là que nous entrons dans la terra incognita. En réunissant aujourd’hui le Congrès, le Président veut nous rassurer sur le sens de son action.

    Néanmoins, les signes de l’essoufflement prématuré du quinquennat sont trop nombreux pour être passés par pertes et profits.

    Nous partageons la volonté du Gouvernement d’améliorer les conditions des plus démunis en luttant d’abord contre le chômage. Oui, on ne réduira la précarité et les inégalités qu’en relançant l’économie, en augmentant le taux d’emploi et en améliorant l’efficacité du système éducatif. Mais cette stratégie a des limites.

    La restriction du périmètre de l’ISF, l’instauration de la « flat tax », la suppression de « l’exit tax », la baisse de l’impôt sur les sociétés, l’augmentation de la CSG sur les retraites, la baisse des aides au logement sont autant de mesures qui nourrissent l’inquiétude sociale.

    Mais la critique n’est pas que sociale, elle est aussi territoriale.

    Après la baisse des dotations, la suppression de la taxe d’habitation et de 120 000 contrats aidés, la fermeture de classes de primaire dans les campagnes, la limitation de la circulation à 80km/h, sans parler des craintes qui subsistent sur le maintien des petites lignes ferroviaires… c’est peu de dire que les territoires ruraux se sentent les victimes de ce début de quinquennat.

    Au terme de la révision constitutionnelle, même leur représentation sera minorée. Ici, près de 280 sièges auront disparu.

    Même d’un point de vue législatif, la dérive est perceptible. Après les textes intéressants que j’ai mentionnés, nous arrivent les propositions de loi creuses de type « Fake news » ou téléphone portable à l’école ou encore les annonces décevantes et retardées sur l’audiovisuel.

    Faut-il s’étonner de cet essoufflement ? Non parce que la machine est en surchauffe car le Gouvernement s’est attaqué à trop de sujets simultanément.

    Mais aussi parce que tout semble remonter au sommet de l’Etat. Or, quand tout remonte, il y a thrombose. C’est d’ailleurs la seule ligne de force qui se dégage de l’ensemble de l’action gouvernementale, celle du renforcement de la verticalité. Quand on remet en cause le paritarisme, quand on restreint les moyens des collectivités locales et quand on minore la représentation parlementaire, que fait-on, si ce n’est recentraliser le pouvoir? Le fait que demain, après la réforme constitutionnelle, il y aura plus de membres du corps préfectoral que de parlementaires, donc plus de représentants de l’Etat que d’élus, devrait tout de même nous interpeller… Et si l’action gouvernementale marque le pas, c’est sans doute aussi parce que les français ne discernent plus les objectifs à atteindre. Il faut aussi une vision, une ambition. Pour l’instant, elles nous semblent faire défaut.

    Pas partout, il est vrai.

    Ainsi, en matière d’éducation, sujet fondamental s’il en est, surtout lorsque l’on parle de s’attaquer aux racines de la pauvreté, le projet gouvernemental se dessine : donner à chacun les mêmes chances au départ, c’est-à-dire en maternelle et en primaire, pour pouvoir orienter et sélectionner dans le supérieur.

    Mais ailleurs, où est le cap ? Vendre la France à Versailles et Davos ne fait pas une politique économique, privatiser ADP ne fait pas une politique industrielle, supprimer la taxe d’habitation ne fait pas une politique fiscale, et bénéficier de la croissance ne fait pas une politique de redressement des comptes publics. Sur ce dernier point, quelle est la ligne budgétaire de l’exécutif ?

    Visiblement pas celle de la maîtrise des dépenses puisqu’elles augmentent. On ne parle plus de la dette. Elle n’a pourtant pas disparu. Elle est toujours là. Elle limite toujours nos marges de manœuvre et obère la crédibilité de l’action publique.

    Il n’y a pas qu’en matière économique et budgétaire que nous sommes dans le flou. Sur des sujets aussi importants que la sécurité, la laïcité, le communautarisme, la décentralisation, la réforme de l’Etat, la copie de l’exécutif demeure malheureusement encore vierge. Ce qui fragilise encore une peu plus l’autorité de l’Etat à l’heure où le moral de la police est en berne et où la menace terroriste est plus que jamais latente.

    Le projet de réforme constitutionnelle est emblématique de ce pragmatisme sans hauteur de vue. Réduire le nombre de parlementaires n’est pas une fin en soi. L’important c’est qu’ils aient demain plus de moyens de contrôle. Raccourcir de quelques jours un des segments de la fabrique de la loi est une bonne chose si, derrière, le rythme de publication des décrets d’application suit.

    La bonne nouvelle, c’est que la vision qui fait défaut à l’action gouvernementale peut venir du Parlement. L’Assemblée nationale et le Sénat n’ont pas vocation à être des chambres d’enregistrement.

    Elles sont là pour inspirer, accompagner et contrôler l’action de l’exécutif.

    C’est la carte que nous jouerons lors de la prochaine discussion des textes constitutionnels. Dès lors que nos propositions sont conciliables avec son ambition, nous faisons le pari que le Gouvernement est ouvert à la discussion.

    Nos lignes directrices sont simples :

    • respect des droits du Parlement et des équilibres institutionnels, si nécessaires dans une Europe où les populismes progressent ;
    • respect de la représentation des territoires si malmenés ;
    • respect de la primauté de la volonté du politique sur le Gouvernement des Juges : on ne peut envisager que demain toute action publique soit soumise au bon vouloir de Juges chargés de hiérarchiser entre les multiples incantations imprécises de notre texte fondateur.

    Sans le Parlement, nous ne réformerons pas la France pas plus que nous ne relancerons l’Europe. J’en terminerai là-dessus.

    Plus que jamais, compte-tenu de la situation allemande, le sort de l’Union dépend de celui de la France. Ce quinquennat est peut-être celui de la dernière chance, à la fois pour notre pays et pour l’UE. Tout laisse à penser que, si nous échouons aujourd’hui, la France pourrait demain connaître le sort de l’Italie. Et l’Europe voler en éclat. Depuis le traité de Rome, jamais la construction européenne n’a été autant menacée. La pérennité même de l’Europe post-brexit est remise en cause par la montée des peurs identitaires. Réussir signifie donc aussi faire sortir l’Europe de l’impasse.

    La crise européenne, qui se confond maintenant avec celle des migrants, est aigüe.

    Mais, comme par le passé, nous ne la surmonterons qu’en faisant des propositions audacieuses.

    Le Président Emmanuel Macron a fait campagne sur le thème de « l’Europe qui protège ». La formule nous convient.

    Une Europe qui protège, c’est une Europe qui coordonne ses politiques migratoires. A ce titre, même si l’accord du 29 juin est encore un compromis fragile et flou, il est encourageant. Il prouve que l’Europe a encore de la ressource. Mais il en faudra plus pour qu’elle devienne « l’Europe qui protège ».

    Une Europe qui protège, c’est aussi une Europe dotée d’un modèle assumé, d’un budget accru, d’une fiscalité harmonisée et d’une armée qui lui soient propres. Cette Europe que Simone Veil appelait de ses vœux. Un bel hommage lui a été rendu au Panthéon. Mais pour vraiment honorer sa mémoire, ensemble, relançons la construction européenne.

    Nous sentons que les Français sont aujourd’hui indécis. Ils sont ouverts à l’action mais demandent à comprendre son sens.

    Face à cette terra incognita, ils ont besoin de volonté et en même temps d’un objectif. Sans cap, Ulysse risque de faire un long voyage. Donnons-lui une boussole.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Ce quinquennat est peut-être celui de la dernière chance, à la fois pour notre pays et pour l’UE.

  • « Tout le monde doit pouvoir profiter de la création de richesses dans notre pays. »

  • Le débat parlementaire a fait son œuvre pour le projet de Loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes

    Communiqué de Sophie Auconie
    Paris, le 5 juillet 2018

    Lors des débats au Sénat qui ont commencé cette semaine, je salue la décision du gouvernement d’abandonner les dispositions du projet de loi qui proposaient de créer une nouvelle notion par son article 2, celle de « l’atteinte sexuelle sur mineur par pénétration ».

    Cette décision, raisonnée et faisant preuve de sagesse, fait suite à de nombreux débats parlementaires à l’Assemblée nationale et commission au Sénat mais aussi à l’indignation unanime des associations.

    Sa conception même était trop floue, juridiquement approximative et présentait un risque de correctionnalisation massive des viols.

    Je me réjouis de cette décision et j’applaudis toutes celles et ceux qui se sont mobilisés.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Le débat parlementaire a fait son œuvre pour le projet de Loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes

  • Dépenses : Etat et collectivités doivent avancer d’un même pas

    TRIBUNE – Pour Olivier Richefou, président du Conseil départemental de la Mayenne, les départements doivent bien sûr maîtriser leurs dépenses… à condition que l’Etat en fasse autant.

    Lire la tribune sur Les Echos

    Après des années de baisse des dotations aux collectivités, le gouvernement a opté pour une nouvelle méthode : la contractualisation. Ce dispositif, prévu par la loi de programmation des finances publiques 2018-2022 imposait aux 322 plus grandes collectivités, de signer, avant le 30 juin dernier, avec l’Etat, sous peine de pénalités, un pacte financier de trois ans les obligeant à respecter une limitation de leurs dépenses réelles de fonctionnement de 1,2 % par an.

    Comment ne pas accueillir favorablement le principe de contribuer à l’effort collectif de redressement des comptes de la nation. La baisse de la dépense publique est une nécessité économique et démocratique. Ce n’est pas une option. Le Conseil départemental de la Mayenne que je préside, n’a d’ailleurs pas attendu l’Etat pour bien gérer les deniers publics et démontré qu’il était vertueux à bien des égards. Ayant pu favorablement négocier les termes du pacte financier dans l’intérêt des Mayennais, je l’ai signé.

    Pourtant, vécu comme la remise en cause du principe constitutionnel d’une République décentralisée marquée par la libre administration des collectivités territoriales et la réintroduction par l’Etat d’une certaine forme de tutelle financière et politique sur les communes, les départements et les régions, de nombreux responsables d’exécutifs locaux  continuent de mener la fronde et de refuser de cautionner une démarche qui s’apparente à une contrainte presque punitive.

    Relation de confiance abîmée

    Bien d’autres motifs peuvent légitimer une telle attitude parmi lesquels, celui de l’incapacité de l’Etat à s’appliquer à lui-même les efforts qu’il demande aux autres. La Cour des comptes dans son dernier rapport annuel sur les finances publiques pointe clairement  le caractère toujours aussi flou de la stratégie du gouvernement pour réduire ses dépenses, lesquelles, rappelons-le ont augmenté de 1,7 % entre 2017 et 2018 et dont les exercices budgétaires sont déficitaires depuis 1974 !

    S’y ajoute un pilotage de l’action publique locale rendu compliqué par un gouvernement qui multiplie sans concertation depuis plusieurs mois les signes de défiance à l’égard des collectivités à l’exemple de certaines décisions récentes relatives à la politique du logement, sans compter les réformes faussement généreuses mais réellement périlleuses telle que  la suppression de la taxe d’habitation, mesure dont le financement d’environ 13 milliards euros demeure totalement virtuel.

    C’est enfin et surtout, une relation de confiance très abîmée entre les collectivités et un gouvernement qui n’honore pas sa parole donnée s’agissant notamment des mesures de compensation financière du reste à charge des allocations individuelles de solidarités (RSA, APA et PCH). Ce renoncement se traduit par l’abandon d’une dotation de 250 millions d’euros au profit des départements les plus en difficulté et la création d’un dispositif de péréquation.

    Face à cette situation, deux solutions : l’une, peut consister à continuer de porter l’estocade contre l’Etat et se complaire dans le désaccord avec lui ; l’autre s’attache à reconstruire progressivement par le dialogue et la co-construction un nouveau mode de relation entre l’Etat et les collectivités locales fondé sur des engagements réciproques dans la durée.

    Pour ma part, je privilégie la politique de la main tendue, prenant acte, d’une part, du maintien des engagements du gouvernement relatifs à la prise en charge des mineurs non accompagnés, d’autre part, de sa volonté d’accompagner les départements dans le cadre d’un futur programme de lutte contre la pauvreté.

    Un nouveau mécanisme de solidarité financière

    Au-delà, n’attendons pas l’Etat pour prendre en main notre propre destin. La crédibilité des départements dépend en effet aussi de leur propre capacité à imaginer entre eux un nouveau mécanisme de solidarité financière.

    Dans cet esprit, au-delà de toutes considérations partisanes, j’ai proposé à l’Assemblée des départements de France que soit mise à l’étude une péréquation horizontale et qu’elle soit dotée financièrement d’un prélèvement de 0,1 % sur les recettes des droits de mutation à titre onéreux (traditionnellement appelés « frais de notaires ») perçus par chaque département, qu’ils puissent bénéficier ou pas d’un rehaussement de leur taux plafond. Les départements les plus favorisés pourraient ainsi venir épauler les plus en difficulté et les plus exposés à la croissance des dépenses sociales, notamment celles relevant du RSA.

    Sur cette base, j’invite le gouvernement, dans le cadre d’un accord de réciprocité et d’un partenariat tout aussi confiant qu’exigeant, à accompagner financièrement cette solidarité dès la prochaine loi de Finances. Plus que jamais, la raison et l’intelligence collective doivent être mobilisées au service de l’intérêt général. La rigueur des temps fait qu’Etat et collectivités doivent avancer d’un même pas et regarder l’avenir, unis dans un même destin fondé sur une conception partagée de la République.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Dépenses : Etat et collectivités doivent avancer d’un même pas

  • Le Groupe UDI au Conseil régional d’Île-de-France réaffirme son soutien au Plan Borloo et proposera un plan régional pour les quartiers

    Communiqué du groupe UDI au Conseil régional d’Île-de-France
    Paris, le 29 mai 2018

    Le Groupe UDI au Conseil régional d’Île-de-France prend acte des déclarations faites par Emmanuel Macron concernant les quartiers populaires et qui peuvent se résumer ainsi : continuer à ne rien changer.

    Qui peut croire que la création de 23 places de crèches ou la proposition de 23 stages de 3ème dans chacun des 1300 Quartiers Politique de la Ville de France est de nature à réellement changer la donne ?

    Alors qu’un Francilien sur deux réside dans une commune où se situe au moins un Quartier Politique de la Ville (QPV), les élus UDI au Conseil régional d’Île-de-France n’entendent pas se résigner.

    Lors du 1er juin à l’occasion de la séance plénière du Conseil régional, ils proposeront au vote de l’assemblée régionale l’engagement d’un processus de mobilisation afin de rattraper le retard pris dans ces quartiers : présence des services publics, continuation de la rénovation urbaine, accentuation de la sécurité, renforcement des actions éducatives, prévention sanitaire et sociale, lutte contre les discriminations, émancipations…

    Le travail effectué depuis des mois – à la demande du Président de la République – par  Jean-Louis Borloo en concertation avec tous les acteurs de terrain renferme les actions concrètes à mener. De ce travail considérable, les élus UDI proposeront de s’en inspirer pour mettre en place un plan régional pour les quartiers populaires.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Le Groupe UDI au Conseil régional d’Île-de-France réaffirme son soutien au Plan Borloo et proposera un plan régional pour les quartiers

  • Révision constitutionnelle : pas de réforme possible sans l’UDI !

    Texte de Maurice Leroy

    Je suis interrogé ce matin dans la Nouvelle République à propos de la réforme des institutions souhaitée par le Président de la République. Parmi les points phares en débat dans ce projet de révision constitutionnelle : la baisse du nombre de parlementaires et l’introduction d’une dose de proportionnelle lors des élections législatives.

    Comme porte-parole national de l’UDI, je rappelle que le centre sera particulièrement vigilant à ce que cette révision apporte de vraies avancées démocratiques. Ainsi, si l’UDI est favorable à la baisse du nombre de parlementaires, attention à ce que cette diminution ne pèse pas sur la représentativité de nos territoires ruraux !


    De même, il semble essentiel que l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives soit significative pour que les partis élus par les Français soient représentés plus justement à l’Assemblée nationale, et que notre démocratie s’en trouve renforcée.

    Force déterminante pour constituer une majorité, l’UDI pèsera de tout son poids dans les débats. Non ! Rien ne se fera sans l’UDI !

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Révision constitutionnelle : pas de réforme possible sans l’UDI !